Naissance d’une pièce dans la ruée vers l’or
En 1848, la découverte de gisements aurifères en Californie déclenche la Gold Rush. Le métal afflue vers les ateliers de la Monnaie américaine, et le Congrès vote le 3 mars 1849 la création d’une nouvelle dénomination capable d’absorber ce flux : la pièce de 20 dollars en or, plus tard appelée Double Eagle en référence à l’Eagle existant (10 dollars). C’est James Barton Longacre, graveur en chef de la US Mint, qui en signe le premier dessin : Liberty Head, ou type Coronet.
La pièce restera en production près de 85 ans, traversant la Guerre de Sécession, l’expansion vers l’Ouest, l’ère industrielle, jusqu’à la Grande Dépression. En 1933, le président Franklin Roosevelt signe l’ordre exécutif 6102 qui interdit la détention privée d’or monétaire et impose le retrait — puis la fonte — de la quasi-totalité du stock. C’est ce qui rend la pièce de 1933 quasiment introuvable, et l’une des plus chères jamais vendues aux enchères (7,59 millions de dollars en 2002 à Sotheby’s, puis 18,87 millions en 2021 pour l’exemplaire dit « Weitzman »).
Caractéristiques techniques
- Poids brut : 33,436 g (soit 1,0750 once troy)
- Poids d’or fin : 30,0926 g (0,9675 once troy)
- Titre : 900/1000 (21,6 carats)
- Alliage : 90 % or, 10 % cuivre
- Diamètre : 34 mm
- Tranche : striée verticalement
- Période de frappe : 1849-1933
- Valeur faciale historique : 20 dollars US
Ces spécifications n’ont pas bougé en quatre-vingt-cinq ans de production. C’est pour cette raison que le 20 Dollars Or se négocie aujourd’hui sur un cours bourse stable, indexé sur sa valeur en or fin augmentée d’une prime numismatique.
Liberty Head ou Saint-Gaudens : les deux grands types
Tout 20 Dollars Or présenté en boutique appartient à l’un des deux types principaux. Du point de vue du rachat au cours bourse, leur valeur métal est identique. Seuls certains millésimes rares dans chaque série prennent une valeur numismatique supplémentaire.
Liberty Head (1849-1907)
Dessinée par James B. Longacre, la Liberty Head représente à l’avers une effigie de la Liberté coiffée d’une couronne portant l’inscription LIBERTY, entourée de treize étoiles. Le revers porte un aigle aux ailes déployées, héraldique, tenant les flèches et la branche d’olivier. Trois sous-types se distinguent :
- Type I (1849-1866) : sans la devise IN GOD WE TRUST au revers, valeur faciale exprimée « TWENTY D. »
- Type II (1866-1876) : ajout de la devise IN GOD WE TRUST
- Type III (1877-1907) : valeur faciale écrite « TWENTY DOLLARS » en toutes lettres


Saint-Gaudens (1907-1933)
En 1905, le président Theodore Roosevelt commande au sculpteur Augustus Saint-Gaudens un redessin de la pièce. Le résultat, frappé à partir de 1907, est unanimement considéré comme l’un des plus beaux dessins monétaires jamais frappés : la Liberté marche en pleine page, brandissant une torche et une branche d’olivier, le Capitole en arrière-plan. Le revers reprend l’aigle, mais en vol cette fois, au-dessus du soleil levant.
- High Relief 1907 : tirage limité, frappe en haut relief, pièce de référence pour les collectionneurs
- Sans devise (1907-1908) : sans IN GOD WE TRUST au revers (Roosevelt jugeait inapproprié de mentionner la divinité sur une monnaie)
- Avec devise (1908-1933) : ajout de IN GOD WE TRUST
Les marques d’atelier (« mint marks »)
Les 20 Dollars Or ont été frappés dans plusieurs ateliers américains. La marque d’atelier figure au revers, sous l’aigle (Liberty Head) ou sous la date (Saint-Gaudens).
- Sans lettre : Philadelphie (atelier principal)
- CC : Carson City, Nevada — atelier historique de la ruée vers l’or, en activité 1870-1893. Frappes rares et très recherchées par les collectionneurs.
- D : Denver, Colorado (à partir de 1906)
- O : New Orleans (1850-1879)
- S : San Francisco (à partir de 1854)
Lors de l’expertise, nous identifions systématiquement l’atelier et le millésime. Une pièce CC dans un bon état numismatique sort de la cote bourse standard et vaut nettement plus. Idem pour certains millésimes Saint-Gaudens à faible tirage (1907 High Relief, 1921, 1927-D, 1930-S, 1931, 1931-D, 1932). Ces variantes restent rares : la grande majorité des pièces que l’on nous présente sont des Saint-Gaudens « ordinaires » 1908-1928, frappés en quantité industrielle.
Le cas particulier de 1933
Le 20 Dollars Or 1933 fait partie du mythe numismatique mondial. La US Mint en a frappé 445 500 exemplaires en mars 1933, juste avant la promulgation de l’Executive Order 6102 par Roosevelt. La quasi-totalité du tirage a été fondue en 1934 sans avoir circulé. Quelques exemplaires ont échappé à la fonte par voies douteuses (vols à la Monnaie), et leur statut juridique a fait l’objet de procès retentissants. À ce jour, une seule pièce de 1933 est officiellement détenue légalement par un particulier — vendue 7,59 millions de dollars en 2002, puis 18,87 millions en 2021 chez Sotheby’s.
Si vous avez en main une pièce datée 1933, soyez prudent : elle est presque certainement une copie, ou bien elle relève d’un cas juridique particulier qu’il faudra documenter. Nous l’examinons en boutique, sans engagement, avec la transparence d’usage.
Comment nous fixons votre prix d’achat
Le prix d’achat de chaque 20 Dollars Or est recalculé chaque matin à partir de trois éléments :
- La cotation internationale de l’or fin, ramenée à 30,093 g par pièce.
- La prime « bourse » constatée sur le marché interbancaire parisien (CPoR Devises). Cette prime est traditionnellement plus élevée sur les 20 Dollars que sur le 20 Francs Napoléon, en raison d’une demande européenne soutenue.
- L’identification de la variante : type ordinaire, atelier rare, millésime collectionnable. Une expertise visuelle complète permet de détecter une éventuelle plus-value numismatique.
Pour une pièce courante (Saint-Gaudens ou Liberty Head type III en bon état), le prix affiché en haut de cette page est ferme et immédiat. Pour les pièces rares ou en état exceptionnel, l’expertise prend un peu plus de temps et le prix peut être largement supérieur.
Fiscalité de la revente
Le 20 Dollars Or est traité par l’administration fiscale française comme toute pièce d’or de bourse. À la revente, deux régimes possibles :
- TFOM (Taxe Forfaitaire sur les Métaux précieux) : 11,5 % du prix de cession, sans condition de durée de détention, sans justificatif. C’est le régime par défaut.
- Régime de la plus-value : sur option, si vous disposez d’une facture nominative. 36,2 % sur la plus-value, avec abattement de 5 % par année au-delà de la deuxième, et exonération totale après 22 ans.
Pour les pièces issues d’une succession, nous établissons une attestation d’estimation à la valeur du jour, utile pour le notaire. Le bordereau de cession est systématique. Tous les paiements sont déclarés ; vous repartez avec un document officiel qui sert de preuve pour vos obligations fiscales.
Questions fréquentes
Mon 20 Dollars Or vaut-il plus si c’est un Saint-Gaudens ou un Liberty Head ?
Sur le cours bourse strict, non : les deux types contiennent exactement la même quantité d’or fin (30,093 g) et se rachètent au même prix de base. La différence se joue sur les variantes spécifiques : un Liberty Head de Carson City en bel état dépasse largement la cote, un Saint-Gaudens 1908 « No Motto » ordinaire reste sur la cote standard.
Une pièce abîmée a-t-elle encore de la valeur ?
Oui. Une pièce ressoudée (montée en bijou puis démontée), percée ou très usée sort de la cote bourse et passe en cote « refus », c’est-à-dire à la valeur métal stricte (30,093 g d’or 24 carats), sans prime. Le prix sera inférieur à celui d’une pièce intacte mais reste significatif, surtout sur une pièce de cette taille.
Comment reconnaître une contrefaçon ?
Les principaux indicateurs sont le poids (33,4 g exactement), le diamètre (34 mm), la densité (proche de 17,3 g/cm³), et la qualité de la frappe. Les fausses pièces — souvent dorées sur un noyau de cuivre ou de tungstène — pèsent moins ou rendent une densité aberrante. À l’œil, le relief de la frappe et la netteté des inscriptions trahissent souvent l’origine. Nous vérifions systématiquement chaque pièce avec ces critères avant de fixer un prix.
Vous achetez les pièces datées 1933 ?
Nous examinons toute pièce datée 1933 que vous nous présentez, mais avec prudence : la quasi-totalité des authentiques ont été fondues, et la détention privée fait l’objet d’un statut juridique délicat. Si la pièce s’avère authentique et légalement détenable, nous vous orienterons vers une vente aux enchères spécialisée, qui sera bien plus avantageuse qu’un rachat au cours bourse. Dans l’écrasante majorité des cas, hélas, les pièces 1933 présentées en boutique sont des copies ou des refrappes commerciales.
Faut-il déclarer la transaction ?
La taxe est prélevée directement par nous au moment de la vente, puis reversée à l’administration fiscale. Vous n’avez rien à déclarer ensuite : le bordereau de cession remis sur place fait office de preuve en cas de contrôle. C’est l’avantage de passer par un professionnel agréé.
Pour aller plus loin : consultez notre article sur les 20 Dollars Or rares C.C. et la pièce de 1933, ou la page de cotation générale des pièces d’or et lingots.

