Une pièce née avec le franc germinal
Le 20 Francs or Napoléon voit le jour avec la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803), qui réorganise le système monétaire français autour d’un franc dit germinal, gagé sur 322,5 milligrammes d’argent ou 290,32 milligrammes d’or fin. Bonaparte, alors Premier Consul, veut une monnaie d’or stable, marquée du sceau du nouveau régime et capable de circuler à l’échelle européenne. La pièce de 20 francs en sera la déclinaison la plus durable : elle traversera trois empires, deux républiques et la monarchie de Juillet, sans changer ni de poids, ni de titre.
L’unité monétaire est fixée pour près d’un siècle : 6,4516 grammes brut, 900 millièmes d’or pur, soit 5,8064 grammes d’or fin. Le diamètre est de 21 millimètres, l’épaisseur d’environ 1,3 millimètre. Cette stabilité métallique fait du Napoléon une référence : à partir de 1865, plusieurs États européens — Belgique, Suisse, Italie, Grèce, puis l’Espagne — adoptent ces mêmes spécifications dans le cadre de l’Union latine. C’est ce qui explique aujourd’hui la cohérence du cours « bourse » sur l’ensemble des pièces de 20 francs (or), quel que soit leur pays d’origine.


Caractéristiques techniques
- Poids brut : 6,4516 g
- Poids d’or fin : 5,8064 g
- Titre : 900/1000 (21,6 carats)
- Alliage : 90 % or, 10 % cuivre
- Diamètre : 21 mm
- Tranche : striée verticalement (sauf certaines variantes anciennes)
- Période de frappe : 1803-1914, avec interruptions
- Valeur faciale historique : 20 francs or
Aujourd’hui, la valeur faciale n’a plus aucun sens marchand. Le 20 Francs Napoléon se négocie à la valeur de son contenu en or, augmentée d’une prime numismatique qui fluctue selon l’offre et la demande sur le marché de l’or de bourse. Cette prime est positive en période d’incertitude économique, plus faible quand l’or « brut » est lui-même très valorisé.
Les grandes variantes à connaître
Le 20 Francs or désigne, dans le langage courant, l’ensemble des pièces d’or françaises et latines de même module frappées entre 1803 et 1914. En réalité, plusieurs effigies se sont succédé, qui marquent chacune une période politique. Sur le plan du rachat au cours de bourse, toutes ces variantes valent le même prix, dès lors qu’elles sont en bon état. Seules les pièces particulièrement rares (faibles tirages, ateliers exceptionnels, années courtes) prennent une valeur numismatique supplémentaire, qui se constate à l’expertise.
- 20 francs Napoléon Bonaparte tête nue (1803-1807) — Premier Consul puis Empereur, gravure de Pierre-Joseph Tiolier. Frappes rares pour les premiers millésimes (an XI, an XII).
- 20 francs Napoléon I tête laurée (1809-1815) — couronne de laurier, sous le Premier Empire.
- 20 francs Louis XVIII et Charles X (1816-1830) — Restauration, effigies royales.
- 20 francs Louis-Philippe (1830-1848) — dit « tête laurée » puis « tête nue », règne de la monarchie de Juillet.
- 20 francs Génie (1848-1849, puis 1871-1898) — IIᵉ et IIIᵉ République, effigie du Génie ailé écrivant sur une table.
- 20 francs Napoléon III tête nue (1853-1860) — début du Second Empire.
- 20 francs Napoléon III tête laurée (1861-1870) — fin du Second Empire.
- 20 francs Marianne au coq (1899-1914) — dernière série française, gravure de Jules-Clément Chaplain. Probablement la plus diffusée aujourd’hui.
À côté des pièces françaises, la même cotation s’applique aux « 20 francs Union latine » frappés à l’étranger : 20 francs Léopold II ou Albert Ier de Belgique, 20 francs Vreneli suisse (Helvetia), 20 lires italiennes (Vittorio Emanuele II et III), 20 drachmes grecques. Ces pièces respectent toutes les mêmes 6,4516 g / 900‰, et se rachètent au même cours bourse, en bon état.

Comment le prix d’achat est calculé
Le cours d’achat du 20 Francs Napoléon s’établit chaque jour à partir de trois données :
- La cotation internationale de l’or fin sur les marchés (Londres, Zurich). C’est la valeur « plancher » : 5,8 g d’or pur multipliés par le cours du gramme 24 carats.
- La prime bourse constatée le matin sur le marché interbancaire parisien (CPoR Devises). Elle reflète la demande spécifique sur la pièce, exprimée en pourcentage de la valeur métal.
- L’état physique de la pièce que vous nous présentez. Une pièce en bon état numismatique est rachetée au cours bourse plein. Une pièce abîmée — usure marquée, ressoudure, percée, lavée — sort de la cote bourse et passe à un cours « refus », qui correspond strictement à la valeur métal, sans prime.
Concrètement, vous voyez s’afficher en haut de cette page le prix d’achat du jour pour un 20 Francs Napoléon en bon état. Ce prix est mis à jour automatiquement plusieurs fois par jour à partir des cours bancaires officiels. Aucune négociation, aucune surcote théorique : vous présentez la pièce, nous la pesons, nous l’examinons, nous vous payons au cours affiché.
Comment nous expertisons votre pièce
L’expertise se fait en boutique, devant vous, en quelques minutes. Notre démarche est simple : vérifier que la pièce est authentique, qu’elle correspond bien à un 20 francs or, et déterminer si elle reste éligible à la cotation bourse ou si elle passe en refus.
- Pesée précise au dixième de gramme sur balance certifiée. Un 20 francs authentique doit peser entre 6,40 et 6,45 g. Au-delà ou en deçà, le doute s’installe.
- Mesure du diamètre et de l’épaisseur au pied à coulisse, comparées à la fiche technique de référence.
- Test densitométrique si nécessaire : l’or 900‰ a une densité comprise entre 17,1 et 17,4 g/cm³. Une densité inférieure trahit un alliage non-or ou un fourrage.
- Examen visuel à la loupe x10 : qualité de la frappe, netteté des reliefs, présence d’éventuelles ressoudures à 12h ou 6h (signe que la pièce a été montée en bijou), trace d’acide ou de polissage.
Pour les millésimes rares ou les frappes d’ateliers peu courants (A pour Paris, B pour Rouen, BB pour Strasbourg, K pour Bordeaux, etc.), nous identifions la pièce et signalons toute valeur numismatique au-dessus de la simple cote bourse. Le cas échéant, le prix proposé est revu à la hausse en conséquence.
Fiscalité de la revente
La revente d’une pièce d’or de bourse, comme le 20 Francs Napoléon, est encadrée par l’administration fiscale française. Lors de la transaction, vous avez le choix entre deux régimes :
- Taxe sur les métaux précieux (TFOM) — régime par défaut, qui s’applique sans condition de durée de détention et sans justificatif d’achat. Le taux est de 11,5 % (11 % + 0,5 % de CRDS) appliqué au prix de cession total.
- Régime de la plus-value — sur option, si vous pouvez justifier de la date et du prix d’achat (facture nominative). Imposition au taux de 36,2 % sur la plus-value, avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, et exonération totale après 22 ans de détention.
Le choix entre les deux régimes se fait pièce par pièce. Sur quelques 20 francs détenus sans facture, la TFOM est presque toujours la solution la plus simple et la moins onéreuse. Sur un lot important, hérité ou acquis avec preuves, le calcul de la plus-value peut être plus favorable. Nous établissons systématiquement un bordereau de cession, document obligatoire qui sert de pièce justificative pour votre déclaration. Pour les successions et donations, nous établissons également une attestation d’estimation à la valeur du jour, recevable par notaires et services fiscaux.
Questions fréquentes
Le 20 francs Napoléon vaut-il plus que sa valeur en or ?
Oui, en règle générale. La cotation « bourse » comprend une prime numismatique qui s’ajoute à la valeur stricte de l’or contenu. Cette prime varie selon l’offre et la demande sur le marché de la pièce d’investissement, elle est positive la plupart du temps mais peut s’effacer en période où l’or « brut » monte très vite. Le cours d’achat affiché sur cette page inclut cette prime quand elle existe.
Quelle est la différence entre un Louis d’or et un 20 Francs Napoléon ?
À proprement parler, le Louis d’or est la pièce d’or frappée sous l’Ancien Régime, entre Louis XIII (1640) et Louis XVI (1792), avec une valeur faciale exprimée en livres tournois (souvent 24 livres). Le 20 Francs Napoléon est la pièce d’or post-révolutionnaire, créée en 1803 et frappée jusqu’en 1914 sous différents régimes. Dans le langage courant, on appelle souvent « Louis d’or » l’ensemble des pièces de 20 francs or, par habitude. Les vrais Louis d’or anciens sont rares et ont une valeur numismatique nettement supérieure à leur seule valeur métal.
Une pièce abîmée a-t-elle encore de la valeur ?
Oui, toujours. Une pièce abîmée — ressoudure, percée, fortement usée, montée en bijou puis démontée — sort de la cote bourse et passe en cote refus. Elle se rachète alors à la valeur strictement métal, sans prime. Le prix sera donc inférieur à celui d’une pièce intacte, mais reste très significatif. Apportez-la-nous, nous vous indiquerons sur place dans quelle cote elle entre.
Faut-il déclarer la vente de mes pièces d’or ?
La taxe forfaitaire (TFOM) ou la taxe sur la plus-value est prélevée par nous au moment de la transaction, puis reversée à l’administration fiscale. Vous n’avez rien à déclarer ensuite. Le bordereau de cession que nous vous remettons fait foi en cas de contrôle. C’est l’un des avantages de passer par un professionnel agréé plutôt que par un particulier.
Mon 20 francs porte un millésime rare. Sera-t-il payé plus cher ?
Si la pièce est en bon état et que son millésime correspond à un faible tirage (par exemple, an XI tête nue, ou certains ateliers du Second Empire), nous l’identifions à l’expertise et le prix est revu à la hausse au-delà de la simple cote bourse. Nous sommes transparents sur la prime numismatique versée : si votre pièce a une valeur de collection, vous le saurez avant la transaction, pas après.
Puis-je obtenir une estimation à distance ?
Oui, par téléphone ou WhatsApp aux horaires d’ouverture, sur la base de photos et du poids approximatif. Cette première estimation reste indicative : seule l’expertise en boutique permet de confirmer le prix d’achat ferme, car l’état physique compte autant que l’identification.
Pour aller plus loin : consultez notre article sur l’histoire du Louis d’or et la monnaie royale, ou notre page de cotation générale des pièces d’or et lingots.

